Histoire de la musique- renaissance

Claude LE JEUNE
Voici le vert et beau may
https://www.youtube.com/watch?v=RgJ0AOSUn4E
Né vers 1525 à Valenciennes, il meurt en 1600 à Paris. Durant sa vie, il aura résidé dans différentes villes du Royaume de France et des Pays Bas Espagnols. Il a été très impliqué dans la musique protestante. Mais nous disposons de peu d’informations précises sur sa vie. Son œuvre par contre est très connue et révèle des évolutions importantes de l’écriture musicale de son époque.
Vers 1552, il aurait voyagé en Italie, comme de très nombreux musiciens. C’est une des raisons qui expliquent que Claude Le Jeune utilise souvent la langue italienne ainsi que les formes musicales propres à cette culture (canzonetta, madrigal, …) Aux environs de 1564, des textes nous indiquent que Claude Le Jeune fréquente des notabilités de la mouvance protestante pour qui il écrira des œuvres sur les mélodies du Psautier de Genève.
Vers 1570, il aurait habité Paris et aurait participé aux activités de la nouvelle « Académie de poésie et musique » fondée par Antoine de Baïf. Il y rencontre de nombreux artistes. Dans les années 1580, il fréquente la cour de Marguerite de Valois et Henri de Navarre qui rassemble des lettrés, artistes et musiciens. Catholiques et protestants vivent en parfaite entente.
Il va être au service d’autres familles de nobles avec qui il effectuera de nombreux voyages à travers le royaume de France, les Flandres, l’Espagne. Vers la fin de sa vie, il se déplacera souvent entre La Rochelle (place protestante très importante et sûre) et Paris où il sera enterré le 26 sept. 1600.
Auront été publiés, souvent à titre posthume, une trentaine de recueils comprenant des centaines de psaumes. Un très grand nombre de recueils de chansons profanes enrichissent également son catalogue.

roland de lassus
Eco – Matona mia cara – Quand mon mary vient de dehors
Eco
https://www.youtube.com/watch?v=RmwMbG0PnGI&t=17s
Matona mia cara
https://www.youtube.com/watch?v=hswJaD3mBUI&t=20s
Quand mon mary
https://www.youtube.com/watch?v=A5bfdhjKG8g
Lassus n’est pas un compositeur français puisqu’il est né à Mons en Flandres en 1532 et mort à Munich en 1594. Dès l’âge de 12 ans, il entre au service dans la maison ducale d’un général de Charles V. Il y reçoit une éducation musicale très sérieuse. Sa voix exceptionnelle attirait les convoitises et par trois fois, il fut l’objet de tentatives d’enlèvement. Il voyage en France et en Italie, au gré de la carrière de son maître.
A partir de 1553, il se dégage de ses engagements et vit libre. Il est nommé maître de chapelle (responsable des chœurs et de la musique) à St Jean de Latran à Rome. C’est un poste prestigieux, rarement donné à un jeune musicien de 21 ans. En 1555, il est engagé comme ténor à la chapelle d’Albert V, duc de Bavière. A partir de 1560, ses œuvres sont éditées à Paris, ce qui lui permet d’obtenir une pension royale. En 1563, il devient maître de chapelle du duc.
Il est chargé de missions diplomatiques en Italie, France et Autriche. En 1573, il décline une invitation à la cour de France et fait de même en 1580 avec la cour de Saxe, préférant, aux offres alléchantes, la stabilité de sa situation et de la vie munichoise. Les dédicaces de ses œuvres montrent qu’il a de nombreuses relations avec de nombreuses Cours d’Europe ainsi qu’avec des princes italiens. Resté fidèle à la religion catholique, Lassus a écrit environ 2000 pièces dont 530 motets, des centaines de messes, litanies, leçons (musiques écrites pour l’apprentissage du clavecin et de la voix), psaumes, requiem, lamentations, offices, magnificat et des hymnes.
Seul compositeur de son époque à avoir écrit des pièces en 5 langues, avec une aisance égale dans chaque langue, nous lui connaissons 150 chansons françaises, 175 madrigaux italiens, 90 chansons allemandes. Curieusement à une époque de développement de la musique purement instrumentale, nous ne lui connaissons aucune œuvre de ce genre.
L’art de Lassus fut reconnu au point qu’il était appelé le « divin Orlande » par Ronsard ou « Prince de la musique » par ses contemporains. Il eut de très nombreux élèves qui venait à lui des pays voisins. Il fut anobli par l’empereur Maximilien. Il fut fait « chevalier » par le pape Grégoire XIII Dans les années 1590, sa santé décline. Il subit un AVC mais a été capable de continuer à voyager et à composer, des œuvres considérées aujourd’hui comme majeures (dont le 21 madrigaux spirituels dont les larmes de Saint Pierre dédiés au Pape Clément VIII).

CLEMENT JANEQUIN
Il s’en va tard – Ce mois de mai – Toutes les nuits
Il s’en va tard
https://www.youtube.com/watch?v=4PsoBQQTMIo
Ce mois de mai
https://www.youtube.com/watch?v=wK7mGMVTuTE
Toutes les nuits
https://www.youtube.com/watch?v=dNxG6FYsKfc
Clément Janequin est un compositeur, chantre et prêtre né à Châtellerault vers 1485 dans une famille aisée et mort à Paris en 1558. Il est surtout connu pour ses chansons polyphoniques. On suppose qu’il a suivi sa formation musicale à la Maîtrise de sa ville natale. En 1505, ont été trouvées des actes laissant pensant qu’il avait été engagé en tant que clerc à Bordeaux.
Le premier élément connu sur sa carrière professionnelle est un acte d’un procès qu’il soutient en février 1507 contre l’évêque de Luçon. Janequin était alors « maître des choristes » de la cathédrale et avait été accusé d’avoir eu des relations avec des « femmes impudiques » pendant la Semaine Sainte. D’abord puni de jeûne, Janequin réitère sa conduite et est appelé à comparaître devant le remplaçant de l’évêque. Il est excommunié, déchu de son emploi et mis en prison. Libéré trois semaines plus tard, il est à nouveau jugé car l’évêque ne reconnaît pas la sentence de son remplaçant. Janequin est cette fois condamné au jeûne tous les vendredis, à une amende et suspendu dans ses bénéfices ecclésiastiques. Janequin fait appel devant le Parlement de Paris.
Suit une période de sa vie pour laquelle nous n’avons plus d’information quant à ses postes. Heureusement qu’il reste ses compositions puisqu’entre 1507 et 1525, il écrit des pièces essentielles dont la Guerre et la bataille de Marignan. Dès 1528, il est édité à Paris par un des grands éditeurs de l’époque : Pierre Attaignant. En 1520, c’est à Venise qu’il avait déjà été publié, preuve d’une renommée hors de nos frontières.
En 1525, on retrouve Janequin prêtre à Bordeaux puis dans la région jusqu’en 1531. Il cumule des postes alors qu’on ne lui connait aucune responsabilité réelle. On suppose qu’il avait donc tout loisir pour composer assidument.
Il retrouve un poste de maître de chapelle à Angers en 1534 tout en occupant des postes au chapitre de la cathédrale. C’est à cette époque qu’outre quelques pièce religieuse, il écrit sur le poème de Clément Marot « Du beau tétin ,» chanson érotique publiée en 1536 par Attaignant.
Suit une nouvelle période de 10 ans non documentée. En 1549 il est à Paris où il meurt en 1558.
Vu sa renommée, il n’est guère pensable que François Ier, alors Roi et mécène des Arts, l’ait ignoré et que Janequin lui-même n’ait eu l’intention de le servir (ou même de profiter de ses largesses et de l’honneur d’une charge royale). Lors du passage du Roi à Bordeaux, pour le retour de captivité de ses fils emprisonnés en Espagne comme monnaie d’échange de leur père après la Paix des Dames, Janequin avait composé une chanson en leur honneur. C’est aussi en 1533 qu’il publie son seul recueil de motets.
Clément Janequin est considéré comme un des plus grands maîtres français de la première moitié du XVIe siècle ; sa production a dépassé 400 œuvres. Il est surtout connu pour ses chansons, au nombre de 250 environ, production considérable qui n’est dépassée que par celle de Pierre Certon qui en compose 285, et loin devant Claudin de Sermisy qui en a laissé 146.

Claudin de sermisy
Tant que vivray
Vous perdez temps de me dire mal d’elle
Tant que vivray : https://www.youtube.com/watch?v=-ZL5515g61I&t=20s
Vous perdez temps : https://www.youtube.com/watch?v=8p7U-VRXj9Q
Compositeur français né vers 1490 dans l’Oise, il est mot en 1562 à Paris.
Chantre puis Maître de Chapelle sous Louis XII, François Ier, Henri II et François II, il a publié de nombreux motets,
11 messes et est réputé pour ses 160 chansons polyphoniques profanes. Enfant, il a chanté dans le chœur de la Sainte-Chapelle à Paris puis, en 1510 dans la chapelle privée de la Reine Anne de Bretagne.
Il devient chanoine dans le diocèse de Noyon au nord de Paris le 30 janvier 1516. Il obtient le bénéfice du prieuré de Saint-Jean de Bouguennec dans le diocèse de Nantes et demande au pape des dispenses pour cumuler des bénéfices inconciliables.
Il prend part comme chanteur, aux cérémonies qui entourent les pourparlers de Paix en Italie entre le Pape et François Ier à Bologne en décembre 1515. Le 30 janvier 1516, il reçoit des dispenses du pape Léon X. Il prend peut-être part aux festivités de l’entrevue du Camp du Drap en d’Or (entre Guînes et Ardres en Flandre) en 1520, où pendant trois semaines, François Ier et Henri VIII d’Angleterre rivalisèrent de fastes et d’apparats.
Puis il devient chanoine à Rouen puis Abbeville. Il revient à paris en 1532 comme sous-maitre de la Chapelle Royale. Il y est chargé, moyennant un salaire annuel confortable de 400 livres tournois par an, de veiller à l’éducation musicale des enfants du chœur, à l’entretien des livres
et au recrutement des choristes. Il cumule, dès septembre 1533 et jusqu’à sa mort, ce poste avec celui de chanoine à la Sainte-Chapelle. Dans le même temps, il reste au service des rois de France jusqu’à sa mort. Question revenus, c’était un homme intéressé par l’argent puisqu’il n’a eu de cesse de chercher à cumuler les bénéfices de plusieurs charges à la fois, sans réellement avoir à en assumer les travaux.
Claudin de Sermisy meurt à Paris le 13 octobre 1562, lors d’une épidémie de peste qui ravagea la capitale et plus particulièrement la Sainte-Chapelle. Son ami et ancien élève Pierre Certon, devenu maître de chœur des enfants de la même Sainte-Chapelle ne réchappa à cette épidémie que parce les autorités ecclésiastiques avaient évacué les enfants de chœur avec leur maître. Inconsolable, Certon chanta la louange de son maître dans un poème. Sermisy est enterré dans la chapelle basse de la Sainte Chapelle.
Sermisy a consacré ses compositions religieuses à la fin de la vie : 12 messes, un Requiem, une soixantaine de motets de 3 à 6 voix, une Passion, …
Ses chansons profanes ont été écrites avant 1536. Musicien de cour, il a écrit sur des poèmes de Clément Marot, des textes du roi François Ier, e Marguerite de Navarre, …. Ses chansons sont généralement assez courtes et à 4 voix. Elles ont une réputation immédiate.

pierre certon
la la la
Vous perdez temps de me dire mal d’elle
https://www.youtube.com/watch?v=h3dzOXCh7Ew
Compositeur français né vers 1510-1515. A travaillé à Paris où il meurt le 23 février 1572. Il a été maître des enfants de la Sainte Chapelle pendant 40 ans.
Il est nommé clerc de matines à la cathédrale N.Dame de Paris en 1529. Mais très indiscipliné, il est à plusieurs fois réprimé ce qui ne l’empêche pas d’être nommé 3 ans plus tard clerc à la Sainte-Chapelle.
En 1553, il fait éditer ses premières chansons. Il prend les ordres de la prêtrise cette année et devient maître de chœur de la Sainte-Chapelle en 1536, restant à ce poste jusqu’à sa mort.
Certon a été un des compositeurs les plus prolifiques du 16ème siècle avec autant de pièces religieuses (messes – motets – magnificats) que profanes (300 chansons à 3 jusqu’à 8 voix, éditées en environ 70 recueils).

guillaume COSTELEY
Mignonne allon voir si la rose
https://www.youtube.com/watch?v=F8n3SfYL82U&t=7s
Né en 1531 en Normandie, il est mort à Evreux en 1606. On connaît peu de choses sur sa jeunesse ni sur sa formation. C’est probablement au luthiste et éditeur Adrian le Roy, familier de la comtesse de Retz qu’on lui doit d’être introduit dans son cercle et, par-delà, à la Cour.
Il est alors en contact avec les poètes de Baïf et Belleau avec lesquels il se lie d’amitié et rejoint le mouvement qui va aboutir à la création de l’Académie de musique et de poésie en 1570, aux côtés du compositeur Claude Le Jeune et du poète de Baïf. En 1560, Costeley devient organiste et valet de chambre du roi Charles IX. Il est en 1571 organiste ordinaire du roi
Sous le règne d’Henri III, il est cité en 1574 parmi les joueurs d’instruments. En 1576, il est dit « organiste ordinaire » En 1570, juste avant de s’établir à Evreux, il publie un vaste recueil de ses œuvres intitulé Musique de Guillaume Costeley.
En juin 1570, à l’âge de 40 ans, Costeley épouse Jehanne Blacquetot et s’établit à Evreux où il achète un moulin dans la ville basse et, semble-t-il arrête de composer. Il reste au service du roi, ne servant à la Cour que de janvier à mars. Il semble que son épouse lui ait apporté des biens considérables. À partir de 1575, la confrérie Ste Cécile, donne naissance à un concours de composition musicale – un « puy de musique » – qui deviendra vite très réputé et aidera au développement, dans la ville d’Évreux, d’un milieu artistique important.
Costeley achète en 1581 un office d’élu (juge des affaires fiscales) à Évreux. Son épouse meurt avant 1592 ; il se remarie alors à Françoise Dehais, veuve de Jehan Le Mareschal. Son nom disparaît des comptes royaux vers 1580, mais ses liens avec la Cour se maintiennent encore quelques années
En 1601, il est appelé par le chapitre de la cathédrale de Rouen pour assister avec l’organiste Jehan Levesque à la réception du nouvel orgue. Costeley réside à Évreux jusqu’à sa mort, survenue en 1606.
Les œuvres de Costeley établissent un lien entre la chanson française polyphonique de la première moitié du XVIe siècle et celle des musiciens italianisants des années 1570-1580 ; elles contribuent également à développer l’écriture verticale et le sentiment harmonique, qui annoncent l’air de Cour, genre qui se développera au XVIIè siècle. Elles utilisent des intervalles harmoniques inusités et plusieurs d’entre elles alternent des passages d’homophonie et de contrepoint.
Costeley a aussi composé des pièces de circonstance (telles La Prise de Calais et La Prise du Havre), dont le style musical se rattache à la manière descriptive et aux ultimes recherches de Clément Janequin. L’élégance et la souplesse de son écriture font de Costeley « l’un des représentants les plus typiques de l’élégance, du charme, mais aussi du lyrisme de la chanson française au début de la seconde moitié du XVIe siècle ».
Trente-huit chansons différentes de Costeley sont publiées dans divers recueils de chansons entre 1554 et 1613. À partir de 1575, plusieurs chansons paraissent sur les presses de Pierre Phalèse. Une est également publiée en tablature de luth à Venise. Comme la plupart des organistes de son temps, Costeley ne publia pas sa musique pour orgue, qui était souvent improvisée. On ne possède plus qu’une Fantaisie pour orgue restée manuscrite.

Thoinot ARBEAU
Pavane
https://www.youtube.com/watch?v=39yx7-HhHe8&t=84s
De vrai nom Jehan Tabourot, Thoinot Arbeau est né le 17 mars 1520 à Dijon et meurt à Langres le 23 juillet 1595. Il serait le fils d’Etienne Tabourot, avocat devenu prêtre en 1530. Thoinot a fait des études de prêtrise et de droit à Poitiers et Dijon. Ordonné prêtre en 1530 (la même année que son père), il est encouragé par les Jésuites à poursuivre ses études sur la danse, la considérant comme importante sur le plan éducatif.
Il s’est beaucoup intéressé à la danse renaissance, écrivant de nombreuses pièces instrumentales et traités « Orchésographie » (L’Orchesographie ou Orchesographie et traicté en forme de dialogue par lequel toutes personnes peuvent facilement apprendre & practiquer l’honneste exercice des dances est un traité de danse publié en 1589 (privilège daté du 22 novembre 1588) par Thoinot Arbeau).
Il développera ainsi la pédagogie et la pratique de la pavane, de la gavotte, de l’allemande, du menuet, …. Il entre au chapitre de Langres en 1542. En 1565, il est chantre et inspecteur des écoles diocésaines de langres.
Belle qui tiens ma vie est une pavane pour 4 voix (accompagnée d’un tambourin).
Le texte célèbre l’amour courtois entre un homme et sa bien-aimée. Il s’agit d’une pièce que l’on retrouve régulièrement au répertoire d’interprètes de musique ancienne. Dans le traité de danse d’Arbeau, Belle qui tiens ma vie est donnée comme exemple de pavane, danse de cour lente, près du sol et exécutée par des couples disposés en cortège. Toutefois contrairement à l’usage, cette pavane n’est pas suivie d’une gaillarde
Pierre passereauy
il est bel et bon
https://www.youtube.com/watch?v=IFtu5Vrk-f8&t=39s
Encore un compositeur dont on sait très peu de choses. Il aurait été prêtre à Paris puis ténor à la chapelle du duc d’Angoulême (futur François Ier), puis à Cambrai pour devenir vers 1536 chantre à la cathédrale de Bourges. Avec Clément Janequin, ce fut un des compositeurs le plus à la vogue à la Renaissance. Ses chansons ont été publiées par Pierre Attaignant entre 1529 et 1556. Peut-être est-ce les rythmes entraînants, le thème des textes et le langage populaire qui ont fait le succès de ces pièces. Rabelais cite le nom de Passereau dans un de ses ouvrages sur les musiciens de son époque.
Maintes fois éditées, ses chansons ont souvent été parodiées par ses contemporains. Outre un motet, son œuvre consiste en 34 chansons grivoises, narratives à 4 voix. La chanson la plus célèbre est « Il est bel et bon », publiée en 1534. Elle fait partie des chansons parisiennes.
